[Roman #81] Un éclat de givre – Estelle FAYE (2014)

* Présentation *

Acheté au Imaginales 2014 en avant première, car un ptit post-apo dans Paris me tentait bien, je n’ai finalement lu le roman qu’un an après (juste avant les Imaginales 2015).

 

Un éclat de givre
D’Estelle FAYE
Couverture d’Aurélien POLICE
Aux éditions Les moutons électriques – 2014, 245 pages.

Dans ma bibliothèque – Première lecture
Ma note : – pas mal

 

Résumé : Un siècle après l’Apocalypse. La Terre est un désert stérile, où seules quelques capitales ont survécu. Dont Paris. Paris devenue ville-monstre, surpeuplée, foisonnante, étouffante, étrange et fantasmagorique. Ville-labyrinthe où de nouvelles Cours des miracles côtoient les immeubles de l’Ancien Monde. Ville-sortilège où des hybrides sirènes nagent dans la piscine Molitor, où les jardins dénaturés dévorent parfois le promeneur imprudent et où, par les étés de canicule, résonne le chant des grillons morts. Là vit Chet, vingt-trois ans. Chet chante du jazz dans les caves, enquille les histoires d’amour foireuses, et les jobs plus ou moins difficiles. Aussi lorsqu’un beau gosse aux yeux fauves lui propose une mission bien payée, il accepte sans trop de difficultés. Sans se douter que cette quête va l’entraîner plus loin qu’il n’est jamais allé, et lier son sort à celui de la ville, bien plus qu’il ne l’aurait cru.

  

« Certains soirs, dans ma loge, je me laisse emporter par mon rituel, assouplissement, vocalises, costume, maquillage… »

 

* Mon avis *

On suit donc les aventures de Chet, qui se débrouille pour survivre comme il peut dans un Paris futur surchauffé et transformé. Mais il doit avoir l’art de se fourrer dans le pétrin. Car une enquête lui tombe sur le coin du nez (au sens propre comme au figuré) et il va se retrouver, anti-héros classique, à parcourir Paris, ses quartiers mal famés et sa banlieue pour découvrir le fin mot de l’histoire et sauver sa ville.

J’ai bien apprécié le Paris décrit et son ambiance. Un mélange de vieux Paris avec des traces de technologies oubliées. J’aime quand le décor devient un personnage à part entière de l’histoire. J’ai reconnu le Paris d’aujourd’hui mais les changements post-apo étaient un peu minimes, mis à part certains endroits mis en avant par le récit, et donc plutôt inégal. J’ai eu l’impression que l’ambiance post-apo n’était qu’un prétexte, et j’en ai été un peu déçu car ici il m’a manqué un peu de sel pour m’y croire pleinement.

Comme je n’ai jamais réussi à vraiment m’attacher au personnage principal… Il est jeune, débrouillard, sensible, a vécu beaucoup de choses et connait beaucoup de monde, mais il est tellement centré sur lui-même que je n’ai jamais vraiment réussi à l’apprécier. Et aussi, par le fait de la narration à la première personne du singulier, on n’en apprend pas énormément sur les autres personnages et c’est bien dommage parce qu’ils ont l’air super intéressants.

Il m’a manqué vraiment un petit quelque chose pour que ce soit plus qu’une bonne lecture et certaines autres choses auraient mérité plus de développement : Tess notamment, l’éclat de givre dans le cœur de Chet ; la fin, un peu rapide car finalement, le complot retombe un peu comme un soufflet ; et cette histoire des gens de la bordure (intriguée j’ai été !).
J’ai trouvé également qu’il y avait un peu une dissonance, entre le quartier où vit Chet, les enfants du quartier de la Bibliothèque, L’enfer, les catacombes, la Défense, cette histoire de drogue. Je ne sais pas. En fait, chaque scène était superbement décrite, et même très bien écrite, on se représente bien la situation et l’atmosphère. Mais j’ai trouvé qu’il y avait un manque de liant dans tout ça, un décalage dans le développement de l’aspect post-apo. Ou alors il y avait trop d’éléments dans pas assez de pages.

J’ai néanmoins particulièrement apprécié le passage de la piscine avec les sirènes, et la découverte de la ville sous la ville. Et l’ambiance de l’Enfer. Ce n’est pas un mauvais roman, surtout qu’il est porté par une écriture délicate et précise très appréciable, mais ce n’est pas non plus un SUPER roman, car tous les petits détails dont j’ai parlé mis bout à bout m’ont empêché d’apprécier pleinement ma lecture, qui fut parfois ralenti.

Un roman sympathique donc, à l’écriture maîtrisé et à l’ambiance travaillée, mais qui m’a légèrement déçue et qui aurait mérité de plus amples développements pour certains détails à mon humble avis.

  

* Blabla supplémentaire *

D’autres avis chez : Black Wolf, Plume, Julien, Lune, Cornwall, Gromovar, Baroona.

Lecture entrant dans le cadre des challenges :

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6 réponses

  1. Elessar dit :

    Ce bouquin me faisait pas mal hésiter. Je pense que j’essayerais autre chose pour découvrir Estelle Faye

  2. Vert dit :

    Il est dans ma liste de livres à lire, mais comme je suis pas trop sûre de mon coup (et ton avis confirme mes doutes), ça sera en bibliothèque !

  3. Baroona dit :

    Arf, dommage. J’avais personnellement vraiment apprécié ma lecture, j’adore l’écriture d’Estelle Faye et cette douce magie qui se dégage.
    Concernant le manque de liant entre les différents passages, ce n’est pas tout à fait faux, il y a une sorte de catalogue de péripéties. Ce qui est aussi un peu le cas dans l’Odyssée d’Ulysse, à qui le roman se réfère fortement à mon avis, ce qui peut expliquer cela.

    • J.a.e_Lou dit :

      J’avoue mon inculture, je n’ai jamais lu Homère… (même s’il est dans ma PAL). Peut-être que je n’ai pas lu ce roman au bon moment.
      Et oui, je ne remets pas en cause l’écriture et je n’ai pas trop boudé ma lecture, même si j’ai eu un ou deux coups mou dans la reprise de lecture ;)

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