[Roman #82] L’Autre ville – Michal AJVAZ (1993)

* Présentation *

Cadeau de Cornwall, paru aux éditions Miroboles de très bonne réputation chez mes blogopotes, ce roman tchèque avait l’air bien loufoque.

 

L’autre ville (Druhé město)
De Michal AJVAZ traduit par Benoît MENIER
Couverture de Bob EASTMAN & Alice GENAUD
Aux éditions Miroboles – 2015, 220 pages.

Dans ma bibliothèque – Première lecture
Ma note : coeur_moitie – vraiment sympa

 

Résumé : Dans une librairie de Prague, un homme trouve un livre dans un alphabet inconnu et l’emporte chez lui ; bientôt l’ouvrage lui ouvre les portes d’un univers magique et dangereux. A mesure qu’il s’enfonce dans les méandres de cette autre ville, il découvre des cérémonies baroques, des coutumes étranges et des créatures fascinantes ; derrière la paisible Prague des touristes, des cafés se muent en jungles, des passages secrets s’ouvrent sous les pieds et des vagues viennent s’échouer sur les draps… Livre hypnotique entre merveilleux et suréalisme, L’Autre ville est une ode à la quête, et au courage nécessaire pour affronter les nouveaux mondes qui ne cessent de nous appeler.

  

« Je déambulais parmi les rangées de livres d’un bouquiniste de la rue Karlova, et, par instants, je jetais un regard dehors, à travers la vitrine ; à présent, la neige tombait dru. »

  

* Mon avis *

J’ai un instant pensé (un instant seulement) à Neverwhere de Neil Gaiman. Mais ça n’a franchement rien à voir. Enfin un peu quand même, car notre ami (qui n’a pas de nom il me semble !) découvre un nouvel univers caché dans l’ombre, dans les recoins, entre les murs et derrière les étagères de la ville. Un monde avec ses propres codes et coutumes et qui ne laisse pas facilement entrer le nouveau venu.

J’avoue avoir eu beaucoup de mal à entrer dans le récit, plein de circonvolutions, comme si l’on suivait un peu le cheminement de pensée en pensée, qui mène à une autre pensée, dans l’esprit du personnage. Très perturbant. Mais l’écriture et certaines phrases sont vraiment belles et on finit par se laisser entrainer de l’autre côté de la frontière. Il faut accepter de perdre ses repères ou que les repères ne soient pas les mêmes que les nôtres. Il y a un aspect très poétique. C’est très surréaliste oui, mais tout se tient si on arrive à aller jusqu’au bout des paragraphes. Il y a une atmosphère onirique prégnante et un certain mystère s’installe quant au devenir de notre héros, car le retour à la réalité semble de plus en plus compliqué.

Pour moi, ce livre nous parle de l’ouverture aux autres, à l’inconnu et de l’acceptation de ce qui n’est pas nous et est différent. Et les livres aident à découvrir de nouveaux mondes et à les accepter.

« Je connais la peur de la rencontre qui nous accompagne toute notre vie. Toute rencontre véritable détruit le monde que nous habitions jusqu’alors. Nous qualifions de monstrueux ce qui vient d’au-delà des frontières de notre monde et ce qui les brise, car chaque véritable rencontre est la rencontre d’un monstre. Mais l’idée que les vitres des fenêtres nous protègent des rencontres dangereuses, n’est peut-être qu’une illusion. J’aurais plutôt tendance à croire que ce qui rend impossible la rencontre, ce qui dissimule le monstrueux susceptible de bouleverser notre monde et de nous apporter un étrange salut, c’est au contraire la proximité obsédante qui règne sur notre vie quotidienne. Cet espace de proximité est une scène sur laquelle nous ne voyons que des rôles et des masques qui font partie de la pièce que nous jouons. »

C’est un très agréable récit qui nous perd dans les méandres de ses phrases pour nous mener dans une quête de l’autre et de la découverte de Prague. En effet, l’auteur cite nombre de noms de rue ou bâtiments, soulevant en même temps la fine pellicule qui nous sépare de l’Autre ville.

On se prend alors au jeu de deviner à quel instant nous allons basculer dans l’irréel, et on apprécie de plus en plus découvrir ce que nous réserve l’imagination débordante de l’auteur. J’ai beaucoup aimé la cérémonie qui se déroule dans une rue où il faut attraper des poissons.

Il vous faudra donc un peu de courage pour découvrir ce livre, mais il en vaut la peine rien que pour le voyage qu’il propose. Un vrai petit OLNI dans ce qui sort habituellement dans nos rayons. Si vous avez besoin de nouveau dans votre lecture, ce récit conviendra très certainement.

  

* Blabla supplémentaire *

BONUS : Entendu aujourd’hui, une petite musique d’accompagnement de la lecture pour vous représenter Prague.

D’autres avis chez : Lune, Cachou.

Lecture entrant dans le cadre des challenges :

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6 réponses

  1. Lelf dit :

    Tu résumes assez bien ce que j’en ai pensé. Je vais réfléchir à faire une chronique aussi, je ne sais pas si je vais réussir à bien formuler mon ressenti x)

    • J.a.e_Lou dit :

      Ah ! Ben tu me fais plaisir si j’ai réussi à faire passer quelque chose ! Parce qu’effectivement, ce n’est pas facile de parler de ce roman ^^

  2. Sita dit :

    Haa, c’est trop chouette que tu en parles, je m’étais justement noté le titre en passant à la librairie l’autre jour et je me disais qu’il fallait que je regarde ce qui s’en disait ^^
    Tu m’as bien convaincue, il va falloir que j’y plonge le nez un de ces jours !

    • J.a.e_Lou dit :

      Huhu ^^ Tu nous feras un petit « Que lire à Pragues ? » Hmm, tu vas à Pragues dans pas trop longtemps ? :P Oui, il vaut quand même le détour, pour se faire une idée au moins de ce qu’est un roman surréaliste !

  3. Vert dit :

    Il m’intrigue et il me fait peur en même temps, faudra que je l’emprunte si je veux tenter l’aventure…

    • J.a.e_Lou dit :

      Hmmm, c’est clair que c’est un livre un peu particulier. Maiiis, tu ne sauras s’il peut te plaire qu’en le lisant, ça hein ^^ Si tu ne le trouve pas en bibliothèque, je peux te le prêter si tu veux.

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