Amatka

Roman SF de Karin Tidbeck, traduit par Luvan (Suédois et anglais) chez Folio SF (2019), 320 pages. Amatka est un court roman où nous découvrons le devenir d’une colonie humaine sur une planète inconnue.


Vanja est missionnée par son entreprise pour évaluer l’utilisation des produits hygiéniques dans la ville d’Amatka. Elle va y découvrir bien plus que les us et coutumes de ses habitants, pionniers qui subviennent aux besoins alimentaires de toute la colonie (ergo 4 villes). En choisissant de rester parce qu’elle est tombée amoureuse de sa logeuse, elle va pouvoir enquêter sur des anomalies qui lui apparaissent.

Vanja de Brilar Essre Deux, assistante d’information auprès des Experts de l’hygiène d’Essre, était la seule passagère de l’autotrain pour Amatka.

Première phrase

On se rend rapidement compte qu’il y a quelque chose qui cloche avec ce monde. Quel est cette planète froide et en quoi est-elle hostile ? Qu’est-il arrivé à la 5e ville de la colonie ? C’est quoi ce rituel de nommer en les touchant tous les objets que l’on voit ? Est-ce que ce monde est réel ?

Oui, on se pose beaucoup de questions en entamant ce récit très immersif, dans lequel j’ai été directement plongée. Bien que l’ambiance soit froide, presque morne (ielles mangent toujours la même chose), on étouffe dans certains passages.

Nous suivons le personnage de Vanja dans la découverte de phénomènes atypiques dans un monde qui nous paraissait déjà bizarre. C’est un personnage qui ne se sent pas à sa place dans la société, qui noie ses traumatismes dans le travail et qui semble avoir un manque de but dans sa vie. Elle m’a paru un peu dépressive quoi.

En accompagnant Vanja dans son séjour, on sent comme elle que des choses sont cachées, sur le passé de la ville, mais aussi de la colonie. Que quelque chose ne va pas. On comprend l’importance des bibliothèques et des archives, ainsi que de leur contrôle. Il a un fort côté social communiste dans l’organisation de la communauté, on comprend au fil du texte que nous ne sommes pas vraiment dans une utopie. Il est beaucoup question de contrôle, par le pouvoir en place, dans ce roman.

Notamment le contrôle des populations, par la peur de l’internement psychiatrique (avec bonus lobotomie, la classe à Dallas) si on approche d’un peu trop près la vérité ou qu’on est trop à la marge (si tu ne participe pas aux fêtes collectives obligatoires par exemple).

Les comités exercent également un contrôle des naissances, avec obligation de reproduction. Les enfants ne sont cependant pas élevés par leur parents, mais dans une « maison des enfants » contrôlée par le Comité (ben oui, qui de mieux que les enfants embrigadés pour surveiller les parents un peu trop déviants).

On comprend alors Vanja et son malaise constant dans ce monde terne et froid. Elle va trouver refuge dans la lecture et grâce à un poème (que le bibliothécaire lui a obligeamment indiqué) va mettre le doigt sur ce qui la gène et commencer à enfreindre certaines règles. A ses risques et périls.

Avec Amatka, Karin Tiedbeck nous offre un roman de soft weird dystopique qui m’a beaucoup plut, sur la force des mots. Même si la fin m’a laissée un petit peu dubitative, peut-être un poil trop ouverte.


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